Les Masters 2

La faculté Jean Monnet a accueilli le vendredi 24 mars dans son espace Édith Penrose le petit-déjeuner des M2 de la mention IP/IT, événement très spécial soulignant une fois de plus l’esprit d’échange et de communication qui règne au sein de la mention proposée dès la première année de master.

A cette occasion les étudiants ont pu rencontrer les directeurs des quatre spécialités de M2 venus présenter leur formation respective : Pierre Sirinelli (directeur du M2 DCN), Antoine Latreille (directeur du M2 DIPI), Alexandra Bensamoun (directrice du M2 PIFTN) et Julie Groffe (directrice du M2 PIA).

I/ Avant-propos : présentation générale de la formation IP/IT

L’ensemble de la formation, dont la matrice originelle se trouve dans le master Droit de la création numérique dirigé par le professeur Pierre Sirinelli, se scinde en quatre finalités de master.

La première branche née de la matrice originelle est le diplôme du doyen Antoine Latreille, équivalent du droit de la création numérique dans le versant de la propriété industrielle.

Deux autres diplômes ont ensuite été créés, l’un dont la formation se fait en alternance sous la direction du professeur Julie Groffe, et l’autre dont la formation est davantage axée sur la recherche, sous la direction du professeur Alexandra Bensamoun.

« Cette offre de formation est sans aucune comparaison en France » Pierre Sirinelli

En raison de la pré-spécialisation existante en M1, qui ne connaît par ailleurs aucun autre équivalent, la formation proposée en M2 se conçoit de plus en plus comme une « ultra-spécialisation », comme le souligne le professeur Pierre Sirinelli.

« Une promotion générale de M2 IP/IT comprenant en son sein des mentions par spécialités ». Antoine Latreille

Il existe par ailleurs un véritable continuum entre les différentes mentions, permettant, comme l’affirme justement le professeur Antoine Latreille, de « brosser l’intégralité des matières d’IP/IT ». Il y a à ce titre entre les différentes formations une mutualisation de certains enseignements.

II/ Présentation spécifique des parcours de M2

La spécialité DCN est la matrice originelle des formations proposées. Mais les nouvelles techniques ont tant évolué et la matière est devenue si importante qu’il a fallu cantonner la spécialité à la propriété littéraire et artistique et créer de nouvelles mentions jointes. C’est en ce sens que le master DIPI, dirigé par le professeur Antoine Latreille, constitue le versant en propriété industrielle de la mention DCN.

La mention DCN est particulière et se distingue des autres à de multiples égards.

Tout d’abord, les étudiants effectuent leur cursus à la faculté Jean Monnet mais sont rattachés administrativement à la faculté Paris I-Panthéon-Sorbonne.

Ensuite, la formation est davantage axée sur le droit d’auteur et a l’avantage d’être tant théorique que pratique. En effet, les enseignements sont dispensés par des enseignants chercheurs mais également par des professionnels tels que des avocats.

« La mention DCN permet d’assurer la mise en œuvre pratique de la rencontre du droit d’auteur et des nouvelles techniques » Pierre Sirinelli

Cette praticité du droit se traduit, à titre d’exemple, par l’organisation de séminaires de mise en œuvre judiciaire de la propriété intellectuelle. L’idée est alors de permettre aux étudiants d’avoir dès la sortie du M2 de bons réflexes professionnels. Ces séminaires étant doublés d’enseignements d’accompagnement comprenant les différentes disciplines rencontrées nécessairement dans le milieu professionnel.

« La formation est le véritable chaînon manquant permettant de réaliser un dialogue entre le juge et le technicien » Pierre Sirinelli

Par ailleurs, la formation DCN a pour réel but de rendre les étudiants opérationnels techniquement, leur sont enseignées à ce titre les bases techniques concernant le fonctionnement des ordinateurs ou encore des logiciels.

Enfin, et il s’agit d’une particularité propre aux quatre spécialités de M2 proposées, l’effet « réseau » n’est pas négligeable.

Ainsi, en un propos, la formation DCN se traduit par sa pluridisciplinarité, sa mise en œuvre pratique du droit d’auteur et sa connaissance des données techniques.

 

La formation DIPI est, elle, davantage axée sur la propriété industrielle. Souvent considérée comme la « petite sœur » de la formation de base DCN, elle comprend à la fois des enseignements mutualisés avec les autres parcours, notamment les enseignements d’accompagnement tels que le droit des données personnelles ou la technique informatique, et des enseignements propres à la spécialité axés sur les différentes branches de la propriété industrielle tels que le droit des marques, des brevets ou encore des dessins et modèles.

A ce titre, certains enseignements propres à la propriété industrielle sont  enseignés en partenariat avec l’INPI et ses différents départements, ce qui permet de donner aux étudiants « une compétence spécifique allant au-delà des connaissances générales de la propriété industrielle » comme le souligne le professeur Antoine Latreille.

« Un enseignement à la fois technique et juridique » Antoine Latreille

L’importance de la technique au sein de la mention DIPI est à souligner, celle-ci porte notamment sur les biotechnologies, mais de manière générale sur la technologie au sens large.

Ainsi, compte tenu de ces spécificités, le recrutement des étudiants se porte principalement sur des candidats au profil présentant une appétence pour la culture scientifique et technique, celle-ci étant une démonstration de motivation certaine.

Concernant les débouchés, la formation ouvre notamment l’accès aux différents cabinets de conseil en propriété industrielle où la demande est très importante, la double compétence technique/juridique étant véritablement recherchée par la profession.

Un projet tutoré doit être réalisé à la fin de la formation DIPI. Celui-ci permet aux étudiants de s’investir dans un projet qui ne constitue pas un stage de fin d’étude. En effet, les projets peuvent être de natures différentes (investissement dans la vie associative, participation à un concours de plaidoirie, …).

Ont été mis en place au titre de ce projet un certain nombre de dispositifs d’accompagnement d’étudiants entrepreneurs dans la création de start-up. Ainsi les étudiants de la formation peuvent apporter leur aide à de jeunes étudiants scientifiques dans le lancement de leurs projets et les accompagner afin de résoudre les premiers problèmes d’IP/IT qui se posent à eux (protection de la marque, viabilité de dispositif de protection des données personnelles, dépôt éventuel du brevet, …).

Ce travail commun est bénéfique tant pour les étudiants de M2 juristes, que pour le jeune entrepreneur qui n’a pas encore les moyens de sous-traiter des aides juridiques auprès de cabinets d’avocat ni d’embaucher, d’autant que l’aventure se poursuit parfois au-delà du M2. En effet, si le projet est suffisamment avancé, il arrive que les étudiants continuent de collaborer, allant même jusqu’à une association dans l’entreprise innovante.

Ainsi, en un propos, à l’instar de la formation matricielle, la formation DIPI forme de très bons juristes ayant une connaissance précise, à la fois scientifique et juridique, et de ce fait à même de dialoguer aisément avec des ingénieurs.

 

 

Les axes principaux de la mention PIFTN sont la propriété intellectuelle de manière transversale et les nouvelles techniques, mais la formation reste davantage axée sur la recherche.

A cet égard, elle entretient des liens étroits avec le laboratoire de recherche (CERDI) soutenant la formation. Celui-ci représente une chance réelle dans la réalisation de leurs études car il constitue un centre de documentation qui leur est dédié. Par ailleurs, il organise chaque année des colloques et multiples événements.

Le réseau créé et les liens entre les promotions successives sont donc particulièrement fort. En effet, cette structure de recherche, que le professeur Alexandra Bensamoun aime à qualifier de « machine familiale » permet de maintenir un contact avec les anciens élèves, beaucoup d’entre eux enseignant d’ailleurs dans la formation.

Grâce à ce réseau, chaque année la formation reçoit de nombreuses offres de stage ainsi que d’offres de collaboration, ce qui a d’ailleurs permis de créer la mention en alternance (PIA).

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« Dispositif original, il n’existe en France aucun équivalent permettant de valider dans le domaine de la propriété intellectuelle en un an deux années d’études » Alexandra Bensamoun

La mention PIFTN a la particularité, et non la moindre, d’être en codiplomation avec le Québec et l’université Laval. Ainsi, les étudiants passent le premier semestre de M2 à la faculté Jean Monnet avec les étudiants québécois puis tous partent au Québec pour le second semestre. Ce dispositif permet en 1 an de valider à la fois un LLM et un Master 2 français.

« La pédagogie inversée traduit l’exigence de la formation » Alexandra Bensamoun

En effet, la formation a pour spécificité de mettre en œuvre une pédagogie inversée. Dès lors, de nombreux séminaires sont dispensés,  certains par des professionnels et d’autres par des enseignants, et les étudiants doivent préalablement préparer le thème de la séance afin de pouvoir échanger directement avec l’intervenant.

« Pour l’année universitaire écoulée, il y avait 150 dossiers pour 7 places » Alexandra Bensamoun

Le nombre de place restreint s’explique par le mémoire de recherche devant être effectué par chacun des étudiants de la mention à la fin de l’année universitaire.

Celui-ci a une importance particulière au Québec pour pouvoir entrer sur le marché du travail, et il est à ce titre codirigé par un professeur français et par un professeur québécois. Cette charge de travail importante justifie la « petite cohorte » d’une quinzaine d’étudiants, composée pour moitié d’étudiants français et pour moitié d’étudiants québécois.

Enfin, si les résultats des étudiants comptent indéniablement, un intérêt certain est porté sur leur profil, celui-ci devant traduire leur motivation, leur implication ainsi que leurs engagements divers et variés.

Par ailleurs, le candidat doit démontrer qu’il a suivi une formation suffisamment poussée en propriété intellectuelle pour entrer dans la mention, ou être capable de rattraper rapidement son retard à ce niveau.

 

 

La mention PIA est tout à la fois récente et très spécifique. En effet, il s’agit d’une formation en alternance avec un contrat de professionnalisation supposant dès lors que les étudiants passent trois jours par semaine en entreprise et deux jours à la faculté.

 

« Ce qui est certain, c’est que la formation demande beaucoup d’investissement » Julie Groffe

En effet, les étudiants ont la chance d’avoir une expérience professionnelle solide tout en ayant des enseignements complets, ce qui multiplie la charge de travail par deux.

Cette formation a été mise en place en réponse au besoin des entreprises. Ces dernières se sont en effet manifestées de manière très forte ces dernières années, convaincues par les étudiants de M2 sortant de la formation.

Une pluridisciplinarité caractérise également la spécialité PIA, celle-ci comprenant dans ses enseignements tout à la fois des séminaires de propriétaire littéraire artistique, des cours de propriété industrielle appliquée, des nouvelles techniques, du droit social et TIC ou encore des données personnelles.

 

« Une véritable immersion dans le monde professionnel » Julie Groffe

Par ailleurs, à l’instar des autres formations proposées par la mention IP/IT, les enseignements sont assurés à la fois par des enseignants chercheurs et par des professionnels, les étudiants sont donc très rapidement face à des questions très pratiques et à des logiques professionnelles.

« Les étudiants sont les ambassadeurs de la formation dans le monde professionnel » Julie Groffe

Concernant les candidatures, la formation offre une vingtaine de places par an. Si de bons résultats sont exigés, c’est au-delà l’image renvoyée par l’étudiant qui est essentielle. En effet il doit s’agir « d’une image de motivation, une capacité à s’exprimer à l’oral face à des professionnels », comme le souligne la directrice de la mention. Cette image permet de pérenniser dans le temps la confiance des entreprises à l’égard de la formation.

« On recherche des étudiants pointus qui n’ont pas peur d’avoir de nouvelles expériences » Julie Groffe

 

Enfin, la formation présente une très bonne insertion professionnelle, il s’agit d’une véritable « rampe de lancement pour la carrière envisagée par la suite » comme aime le souligner sa directrice.

Océane Patte

1ère année Master IP/IT