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📚 Les brèves de la semaine sont disponibles.
🗞️ Cette semaine :
📱 « Instagram va désormais notifier les parents face aux recherches inquiétantes des adolescents »
Protection des mineurs, modération et responsabilité des plateformes : le réseau social Instagram renforce ses outils de supervision parentale pour signaler certaines recherches jugées sensibles.
🎙️ « Des doubleurs français défient l’IA : première offensive juridique contre le clonage de voix »
Voix synthétique, consentement et droits de la personnalité : des comédiens de doublage engagent une bataille juridique contre les usages d’IA capables d’imiter leur timbre et leur interprétation.
🎨 « Quand l’esthétique dégouline… mais pas les droits d’auteur : un procédé artistique n’appartient à personne »
Originalité, style et monopole artistique : la justice rappelle qu’un procédé esthétique, même reconnaissable, ne peut être approprié en droit d’auteur.
⚖️ « Imprescriptibilité confirmée de l’action en nullité de la marque »
Validité des titres de propriété industrielle et sécurité juridique : la jurisprudence réaffirme que l’action visant à faire annuler une marque peut être engagée sans limite de temps.
🎬 « Un contentieux entre Alain Bashung, Merry Alpern, Jacques Audiard et l’art : tout est bien qui finit bien ? »
Photographie, musique et cinéma se croisent dans un litige artistique impliquant Alain Bashung, Merry Alpern et Jacques Audiard, où se rencontrent droit d’auteur, inspiration et liberté de création.
📖 Bonne lecture,
✊ Le Collectif !
Instagram va désormais notifier les parents face aux recherches inquiétantes des adolescents

Dès la semaine prochaine, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Australie et au Canada, Instagram préviendra les parents d’adolescents effectuant à répétition des recherches sur le suicide ou l’automutilation, via un message ou une notification. Une fois les parents notifiés, l’application leur proposera un numéro d’urgence ou des conseils, élaborés comme annoncé par des professionnels de santé, permettant aux parents de réagir de manière guidée.
Pour l’instant, un nombre suffisant de recherches est nécessaire pour éviter les potentielles erreurs, mais les conditions de déclenchement sont amenées à évoluer, comme le précise la filiale de Meta : « Nous pourrions parfois notifier des parents sans qu’il y ait de réel motif d’inquiétude ; mais nous estimons, et les experts sont d’accord, qu’il s’agit d’un bon point de départ« .
Cette nouveauté s’inscrit dans la continuité de la lutte par Instagram des risques auxquels sont confrontés les adolescents sur les réseaux sociaux. En effet, en 2024 la plateforme lançait les « comptes ados », supervisés par les parents des utilisateurs.
Toutefois, cette nouveauté pourrait à nouveau faire couler de l’encre sur la protection des données. Le 30 octobre 2025, l’Union Européenne abandonnait la disposition la plus controversée d’un texte contre la pédocriminalité, le « Chat Control » qui devait obliger les plateformes à détecter et signaler ce type de contenus. Des Etats et eurodéputés y voyaient une forme d’atteinte démesurée au respect de la vie privée, et s’inquiétaient d’une technologie « permettant de scanner les conversations privées d’utilisateurs, y compris sur des messageries cryptées comme Signal ou WhatsApp, pour y détecter des contenus pédopornographiques ». Ce même procédé sera sans l’ombre d’un doute utilisé par Instagram pour détecter les comportements visés par la mesure, posant alors la même question qu’a été posée à l’Union Européenne : ce système permet-il vraiment d’assurer le respect des données personnelles ?
Dès lors, il est raisonnable de se demander si la mesure pourra arriver et être établie au sein de l’Union Européenne, régulatrice par définition, et protectrice des droits et libertés fondamentales. L’introduction de ce dispositif dans l’espace communautaire semble donc incertaine, tant elle fige le conflit permanent entre l’impératif de sécurité des mineurs et le respect à la lettre de la vie privée numérique garantie par le RGPD.
Sources :
- https://www.touteleurope.eu/l-europe-et-moi/vie-privee-l-union-europeenne-abandonne-le-projet-de-surveillance-chat-control/
- https://www.tf1info.fr/high-tech/instagram-avertira-les-parents-si-leur-ado-fait-des-recherches-sur-le-suicide-ou-l-automutilation-2427205.html
Romain TRINQUIER
Quand l’esthétique dégouline… mais pas les droits d’auteur : un procédé artistique n’appartient à personne

Le 28 janvier 2026, la Cour d’appel de Paris a rendu un arrêt dans la lignée des contentieux opposant artistes contemporains et maisons de luxe autour de l’appropriation alléguée de codes visuels issus du street art. Elle précise que si une œuvre peut être originale et protégée, le procédé technique qui la sous-tend ne devient pas pour autant appropriable.
Le litige opposait ZEUS, un artiste plasticien du mouvement street art, à une maison de couture appartenant au groupe LVMH et connue pour l’utilisation de franges. En juillet 2020, l’artiste constate que la société propose à la vente sur son site internet un tee-shirt représentant une marque verbale dont il estime qu’il reprend les caractéristiques originales de son œuvre « Liquidated Google ». Il met en demeure la société de retirer la vente du produit litigieux, cette dernière refusant au motif que l’artiste entend revendiquer un monopole sur une idée non protégeable consistant à faire « dégouliner » des formes. En réaction, l’artiste assigne la société en contrefaçon de droit d’auteur, et concurrence déloyale et parasitisme à titre subsidiaire.
L’œuvre « Liquidated Google Black » finalisée en 2010 représente le logo Google sur un fond noir avec ses couleurs propres prolongées par des coulures irrégulières descendant verticalement. Bien qu’exposée à Miami et relayée par la presse, l’œuvre ne fait l’objet d’aucune revendication par l’artiste de droit de marque sur le procédé utilisé, uniquement de la protection plastique au titre du droit d’auteur. Toutefois, la société défenderesse soutient que les « logos liquidés » dont l’artiste revendique la protection ne sont pas protégeables par le droit d’auteur, contestant leur originalité. En effet, l’artiste n’a ni réalisé le logo Google ni choisi les couleurs utilisées, et revendiquerait donc la protection d’un concept, alors que les idées sont de libre parcours, et que le fait de représenter des logos avec des trainées de coulures est une techniques artistique courante bien identifiée extrêmement répandues.
La Cour d’appel confirme l’originalité de l’œuvre litigieuse, retenant des choix esthétiques libres et arbitraires tels que la gestion individualisée des coulures, l’irrégularité, l’impression de liquéfaction progressive ou encore la portée critique du geste artistique. Elle relève également que l’élément central réside dans la liquéfaction du logo Google. Ainsi, les vêtements litigieux présentant comme seule similitude l’effet vertical de prolongement des lettres, c’est-à-dire le procédé esthétique général, la contrefaçon doit être écartée. Dès lors, la Cour retient que le droit d’auteur protège une expression originale, non un langage artistique ni un effet visuel générique.
Ainsi, la décision réaffirme un principe structurant : le droit d’auteur protège une forme originale, pas une idée, un style ou un procédé esthétique. Même lorsqu’un artiste est à l’origine d’un effet visuel identifiable, celui-ci reste libre s’il est formulé de manière générale. Cela limite les tentatives d’appropriation juridique de langages artistiques. Les créateurs ne peuvent pas monopoliser une signature visuelle si celle-ci peut être décrite comme un concept ou un effet technique (ici, des lettres « coulantes »). L’arrêt fixe donc une frontière claire entre inspiration licite et reproduction illicite, particulièrement pertinente dans les arts visuels et le design.
Sources:
- https://cdn.prod.website-files.com/601987a724bdae251872ed2c/699dd85fffabe98e05ce8503_cour-d%27appel_n2406647_28_01_2026.pdf
- https://www.ddg.fr/actualite/street-art-free-art-et-haute-couture-un-procede-esthetique-peut-il-devenir-exclusif
SARA CHARLANNES
La Cour de cassation souhaite mettre un terme aux doutes sur l’imprescriptibilité de l’action en nullité de la marque

Dans sa décision rendue le 28 janvier 2026, la chambre commerciale met fin à une série de débats relatifs au délai de prescription des actions en nullité de marques. Ce sujet avait, rappelons-le, conduit à l’adoption de la loi PACTE du 22 mai 2019. Alors que le délai empruntait celui du droit commun (le fameux délai quinquennal de l’article 2224 Code Civil), le législateur, et désormais le juge, effacent ce rapprochement. Désormais, l’action en nullité d’une marque est imprescriptible : sa nullité peut être réclamée à tout moment ! Mais alors, quel est le devenir des marques litigieuses prescrites avant l’entrée en vigueur de la loi PACTE ? C’est tout l’objet du présent arrêt, commenté par le Professeur Yann Basire.
En l’espèce, les détenteurs de marques antérieures ont intenté une action en contrefaçon, assortie d’une action en nullité de marques déposées et exploitées.
En seconde instance, les prétentions des détenteurs ont été écartées en partie. La Cour d’appel de Paris, dans sa décision de 2024, avait notamment jugé que certaines demandes en nullité étaient prescrites, compte tenu de l’ancienneté des marques visées.
Sur ce point, la Haute juridiction vient censurer les juges du fond pour réaffirmer le caractère imprescriptible de l’action en nullité de la marque. Se fondant sur l’article L.716-2-6 du Code de la propriété intellectuelle (CPI), introduit par la loi PACTE, elle rappelle que cette action connaît une renaissance : elle n’est plus soumise à délai.
Or, la Cour d’appel de Paris avait conclu que l’imprescriptibilité ne saurait s’appliquer aux cas où la prescription était déjà acquise avant l’entrée en vigueur de la loi PACTE. Les juges du fond avaient justifié leur position par référence à la prescription quinquennale de l’article 2224 du Code civil, combinée avec le principe fondamental de la non-rétroactivité de la loi, posé par l’article 2 du même code : l’article L.716-2-6 ne devait s’appliquer que pour l’avenir.
De surcroît, en vertu de l’article 2222, une loi prolongeant la durée de prescription n’affecte pas celle déjà acquise, sauf disposition expresse du législateur prévoyant cette rétroactivité.
Or, la loi PACTE, en instaurant une imprescriptibilité totale des actions en nullité de marques, pouvait être interprétée comme un allongement du délai antérieur, bien que la question n’ait pas été explicitement tranchée par le texte.
Dans la présente affaire, l’action en nullité déposée en 2017 concernait des marques enregistrées en 2010. Elle fut jugée irrecevable sur le fondement de l’expiration délai de droit commun, applicable au moment des faits. Cette position s’inscrivait dans la continuité de la jurisprudence antérieure (v. par ex. CA Bordeaux, 26 oct. 2022, n° 21/04291) et de l’approche doctrinale, dont celle du Professeur Jérôme Passa sur la loi PACTE.
Cependant, le professeur Basire souligne qu’une telle interprétation des juges du fond était contestable au regard du droit de l’Union européenne. Selon lui, une question préjudicielle aurait pu être opportune pour éclairer les débats du secteur.
Ainsi, dans un souci d’harmonisation avec la vision européenne du droit des marques, la Cour de cassation a estimé que la loi PACTE ne laissait aucune ambiguïté quant à la volonté du législateur français d’en reconnaître la rétroactivité. L’article 124 de la loi PACTE précise justement que l’imprescriptibilité de l’action en nullité s’applique « aux titres en vigueur au jour de la publication de la présente loi. Ils sont sans effet sur les décisions ayant force de chose jugée ».
Fort de cette disposition, la Haute juridiction en déduit l’application générale de l’imprescriptibilité, dérogeant aux règles ordinaires du Code civil.
L’action en nullité d’une marque, désormais « éternellement recevable », s’applique à tous les titres valides au 22 mai 2019, y compris à ceux pour lesquels les actions en nullité auraient été auparavant prescrites.
Le Professeur Basire précise ainsi qu’il n’est plus nécessaire de revenir sur la rédaction du texte, à l’origine de multiples débats et de décisions divergentes des tribunaux du fond. En tout état de cause, l’intérêt majeur de cet arrêt réside dans sa contribution à la cohérence du droit français avec le droit européen des marques, tout en consolidant la pertinence de la loi PACTE.
En outre, l’arrêt du 28 janvier 2026 aborde également l’action en revendication de la marque, la mauvaise foi comme motif absolu de nullité, et le principe d’effectivité du droit des marques, aussi bien au niveau européen que dans son application par les États membres.
Sources :
- “Prescription des actions en nullité portant sur des droits de propriété industrielle : suite et fin ! (?)” – Article du Professeur Yann Basire, IP/IT et Communication, Dalloz Actualité, 20 février 2026.
- LOI n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (1) 2019
- Passa, Loi PACTE – Réforme en profondeur de la prescription des actions en annulation et en contrefaçon des titres nationaux de propriété industrielle – Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019, dite « PACTE », art. 124, Dalloz actualité, 2 juill. 2019, obs. J.-D. Pellier ; Propr. ind. 2019. Étude
- Bordeaux, 26 oct. 2022, n° 21/04291
LANA PHUONG
Un contentieux entre Alain Bashung, Merry Alpern, Jacques Audiard et l’art: tout est bien qui finit bien ?

“On m’a vu dans le Vercors sauté à l’élastique, voleurs d’amphore au fond des criques, j’ai fait la cour à des murènes, j’ai fait l’amour, j’ai fait le mort”, les plus épris de variété française l’auront reconnu. Chanteurs des années 90, parolier surréaliste, on le connaît pour Bleu pétrole ou Fantaisie militaire, il s’agit d’Alain Bashung. Les paroles de La nuit je mens sont énigmatiques, poétiques et surtout à l’origine d’un des contentieux les plus pacifiques en matière de droit d’auteur. Dans la mesure où un contentieux peut réellement être qualifié de paisible, il n’en reste pas moins que cette histoire connaît une Happy End cinématographique.
Il était une fois, une jeune photographe américaine Merry Alpern, un soir, invitée dans un appartement sur Wall Street, notre protagoniste découvre que de la fenêtre elle pouvait voir l’intérieur des toilettes d’un club de strip-tease clandestin. Si Alain profite de la nuit pour mentir, les financiers de wall street troquent leurs costumes lisses contre des nuits plus rugueuses, et Merry, elle la passe à photographier. De cette étrange découverte, elle fait un livre, une exposition au MoMa, et si l’Amérique rougit de ce scandale, les Européens se délectent.
Notre second protagoniste fait son entrée. Quelques années plus tard, le jeune Jacque Audiard n’en est qu’au balbutiement de sa carrière. Il est alors chargé de réaliser le clip de la chanson de Bashung La nuit je mens, et c’est au rythme tortueux et absurde des paroles de la chanson que ce dernier imagine un mariage entre le surréalisme de Bashung et la noirceur Hitchcockienne de Merry Alperne.
De ce mariage naît alors un litige, Jacque Audiard fait une carrière enflammée dans le cinéma tandis que Merry Alperne bouillonne. Ce n’est qu’en 2020 qu’elle se lance accompagnée d’avocats et contacte le cinéaste, cette dernière revendique que son droit d’auteur sur ces photos a été méconnu par le Clip. En effet, selon elle et ses avocats, l’atmosphère brumeuse et dépravée, le noir et blanc, et la vue à travers la fenêtre rappel de manière flagrante sa série de photos Dirty Window. C’est contre toute attente que Jacque Audiard reconnaît, s’excuse et confie au Monde en février 2026 “Je n’aurais jamais eu l’idée de faire de telles images. C’est l’idée de Merry.”
C’est alors en février 2026 que le litige à peine échauffé se radoucit avec un accord à l’amiable. Merry obtient la reconnaissance de son œuvre et un arrangement financier, resté confidentiel. Le droit d’auteur est limpide : toute utilisation, reproduction, emprunt, détournement doit faire l’objet au minimum d’une autorisation et d’une rémunération au profit de l’auteur (art 122-4 CPI) Jacques Audiard a peut-être flirté un peu trop dangereusement entre inspiration et appropriation. Cependant il le reconnaît, et c’est avec honnêteté qu’il écoute et s’incline face aux demandes de la photographe. C’est même avec un certain amusement que ce dernier affirme « Jamais je ne referais ce clip aujourd’hui ! » Il ajoute que filmer des filles qui se déshabillent à travers un trou de serrure ne serait sûrement pas “un bon plan”.
Face à la rareté du geste effectué par le cinéaste Merry s’émeut et ce contentieux sonne comme la fin d’un conte pour enfant, tout est bien qui finit bien. Cependant l’article du Monde, paru le 28 février 2026 relatant ce litige, rapporte les paroles du cinéaste qui ne manque pas de susciter quelques interrogations. Ce dernier se défend de la manière suivante: « Ça ne m’avait pas effleuré à l’époque. Parce que j’avais le sentiment de faire un détournement, les artistes détournent toujours, le sampling, c’est du détournement. Quand je faisais des films en super-8, je détournais les films diffusés à la télé. L’art, c’est comme un jardin ouvrier, tout le monde prend à tout le monde. »
Alors comme souvent en droit d’auteur des questions se posent. Dans ce besoin contemporain de protection et de reconnaissance financière, ne privons-nous pas l’art d’un fond commun précieux ?
Voilà comme quelques paroles nébuleuses peuvent entraîner une histoire aussi douce que piquante et qu’on se retrouve à avoir “dans les bottes des montagnes de questions”.
Sources:
- https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/02/28/clip-d-alain-bashung-happy-end-dans-le-litige-qui-opposait-le-realisateur-jacques-audiard-et-la-photographe-merry-alpern_6668657_3246.html
- https://academiedelachanson.fr/la-nuit-je-mens-alain-bashung/
- https://www.testu-avocat.fr/droits-d-auteur-exception-et-risques-juridiques-lies-a-l-utilisation-d-extraits-de-paroles-de-chanson/#:~:text=L’article%20L.,ou%20ayants%20cause%20est%20illicite.
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006278911
Clémence ROUSTIT
Des doubleurs français défient l’IA : première offensive juridique contre le clonage de voix

N’en déplaise au créateur de contenu Regelegorila, qui ne cesse d’exprimer sa préférence pour les créations audio visuel en version originale sous-titrée au le doublage français, ce métier mérite d’être reconnu à sa juste valeur. Il constitue un véritable art d’adaptation et d’interprétation qu’aucune intelligence artificielle ne pourrait égaler.
Pourtant les plateformes américaines, VoiceDub et Fish Audio proposeraient, moyennant paiement, des voix très proches de celles de doubleurs connus comme celles des voix françaises d’Angelina Jolie, Julia Roberts, Buzz l’Éclair et bien d’autres, permettant de faire lire n’importe quel texte. Par une action collective, huit comédiens de doublage français ont mis en demeure les deux sociétés américaines à l’origine du clonage de leurs voix. Et réclame versement de 20 000 euros au titre de dommage-intérêts
Cette pratique reprend le concept de deep fake, une image, une vidéo ou une séquence audio qui a été modifiée ou fabriquée au moyen d’une technique de synthèse multimédia reposant sur l’intelligence artificielle à des fins de fraude, de désinformation et de cyberharcèlement.
Françoise Cadol, doubleuse des actrices Angelina Jolie et Sandra Bullock, considère que l’utilisation sans consentement de sa voix explique à l’Agence France-Presse le fait que «Tout se passe sans notre autorisation, on parasite notre interprétation, on est néantisé, piraté. C’est notre métier, on vit de notre voix.»
Face à l’émergence de ces phénomènes de deep fake une manifestation initiée par le collectif TouchePasMaVF, afin de condamner les doublage créée par l’intelligence artificielle, Cette affaire met en exergue la tension existante entre l’intelligence artificielle et les droits réservés aux doubleurs. À savoir les droits voisins dont bénéficient ces derniers, en effet, les doubleurs bénéficient d’un monopole d’exploitation sur la fixation de leurs interprétations. Ainsi, il est nécessaire d’avoir un accord préalable de ces derniers pour tout enregistrement ou utilisation de leur voix. Ce qui en l’espèce n’a pas été fait.
Cette affaire démontre que l’avènement de l’intelligence artificielle est plus largement, l’émergence de l’innovation se heurte grandement au Mastodon représente l’art, Aujourd’hui, mais notre sécurité demain. Pour l’heure, aucune décision n’a encore été prise par lit, autorités américaines.
Sources:



















