Bonjour à tous !
Voici les brèves de la semaine. Au programme :
🏛️ Le patrimoine et la guerre : un carnet de dessin de David fait rougir Versailles
🎨 Werner Bronkhorst contre Golsa Golchini : la chasse à l’imposteur des internautes
🆔 Peut-on déposer son identité ? l’initiative de Mcconaughey face aux défis de l’IA
🏰 Disney et openAI : un partenariat féerique… ou diabolique ?
🔞 L’IA qui dénude des gens est désormais payante
Bonne lecture !
WERNER BRONKHORST CONTRE GOLSA GOLCHINI : LA CHASSE A L’IMPOSTEUR DES INTERNAUTES

Depuis plusieurs semaines, un débat agite les réseaux sociaux, en particulier TikTok : l’artiste australien Werner Bronkhorst est accusé par de nombreux internautes d’avoir copié le travail de l’artiste Golsa Golchini. Les commentaires affluent sous ses vidéos, parfois insistants, parfois franchement agressifs, lui demandant de « donner crédit » à Golchini, présentée comme l’origine de son style artistique. Certains parlent même de plagiat, d’autres évoquent une tentative de poursuites judiciaires qui aurait été abandonnée. Une polémique typique de l’ère numérique, où l’opinion publique se transforme en tribunal de plein air, souvent sans cadre juridique clair.
Le style en cause est reconnaissable : des toiles très texturées à l’enduit, presque sculptées, sur lesquelles apparaissent de petites silhouettes humaines, souvent sportives, perdues dans des décors abstraits. Un univers visuel fort, mais loin d’être inédit. Ce type de composition, mêlant peinture en relief, figures miniatures et scènes figées, existe depuis des années et a été exploré par de nombreux artistes contemporains. Pourtant, sur les réseaux, la ressemblance devient rapidement une preuve, et l’inspiration se transforme en accusation.
D’un point de vue juridique, le débat est pourtant assez clair. En droit français, le droit d’auteur protège les œuvres originales, c’est-à-dire des créations qui portent l’empreinte de la personnalité de leur auteur comme le mentionnerait le Professeur Desbois. En revanche, il ne protège ni les idées, ni les concepts, ni les styles artistiques. Autrement dit, personne ne pourrait revendiquer l’exclusivité du style impressionniste. Ce qui est protégé, ce sont les œuvres concrètes.
Dans le cas de Werner Bronkhorst et Golsa Golchini, aucune œuvre précise n’a été identifiée comme ayant été copiée. Les accusations reposent essentiellement sur une similarité d’univers visuel, ce qui est insuffisant pour caractériser une contrefaçon. C’est sans doute pour cette raison que la plainte que Golchini aurait envisagée, selon certaines sources en ligne, aurait finalement été retirée, faute de base juridique solide. Le droit ne sanctionne pas le fait de « faire penser à », mais le fait de reproduire.
Cette affaire révèle surtout une confusion fréquente entre reconnaissance artistique et obligation légale. Exiger qu’un artiste crédite un autre parce qu’ils partagent une esthétique proche n’a aucun fondement juridique. À force de réduire la création à une logique de propriété exclusive, le débat en vient à nier le principe même de l’art : la réinterprétation, l’expression, la beauté ou le moche.
La polémique prend une dimension supplémentaire avec l’apparition récente de portefeuilles Louis Vuitton au design très proche de l’univers de Bronkhorst. Là encore, les réseaux ont rapidement crié au plagiat. Pourtant, le raisonnement juridique reste le même. Tant qu’un motif précis n’est pas repris à l’identique ou de manière reconnaissable, la maison de luxe reste dans les limites de l’inspiration. Werner aurait selon ses dires, intenté une action en contrefaçon contre la maison de luxe. Toutefois, si Golsa ne peut s’opposer à l’artiste australien, ce dernier ne pourra pas s’opposer à la marque.
Au-delà du droit d’auteur, la situation interroge aussi sur la responsabilité des internautes. Les campagnes de commentaires accusatoires, parfois assimilables à du harcèlement, reposent sur des affirmations non vérifiées. Accuser publiquement un artiste de vol ou de fraude sans preuve peut, en soi, poser des problèmes juridiques, notamment en matière de diffamation. La rapidité des réseaux sociaux contraste ici avec la sécurité du droit, et remet en cause la présomption d’innocence.
Aujourd’hui, Tiktok et les réseaux sociaux deviennent un véritable tribunal du net, où le moindre faux pas, avéré ou non, est reçu par une partie des utilisateurs comme une invitation à lyncher sur la place publique un individu. Le style de Werner est aujourd’hui plus que reconnaissable. Épurées et modernes, ses toiles ont conquis le public qui est prêt à payer cher pour s’offrir une de ses œuvres, attirant éventuellement, les foudres de ses semblables.
Romain TRINQUIER
Sources :
https://www.village-justice.com/articles/imiter-ghibli-est-voler-ghibli-droit-auteur-face-style,52933.html
PEUT-ON DÉPOSER SON IDENTITÉ ? L’INITIATIVE DE MCCONAUGHEY FACE AUX DÉFIS DE L’IA

A l’ère de l’IA générative, de nombreux artistes sont inquiets de l’utilisation pouvant être faite de leur image par ces nouvelles technologies. Ces évolutions créent une zone grise juridique, trahissant un difficile encadrement des deepfakes audios et vidéos. Illustrant ces préoccupations, l’actrice Scarlett Johansson avait attaqué en 2023 l’application Lisa AI pour avoir créé sans son consentement un avatar à son image aux fins de publicités.
Dans la même lignée, ce 14 janvier, l’acteur américain Matthew McConaughey a procédé au dépôt auprès de l’USPTO (United States Patent and Trademark Office) d’une série d’extraits vidéo et échantillons sonores de sa voix, cumulant au total l’enregistrement de 8 marques. Cette stratégie inédite vise à protéger légalement toute exploitation non autorisée de son image et de sa voix, ainsi que d’obtenir une rémunération pour toute utilisation de celles-ci. L’avocat de l’acteur, Kevin Yorn, explique ainsi vouloir « assurer que nos clients bénéficient de la même protection que leurs sociétés », vérifiant « qu’ils peuvent être rémunérés pour l’utilisation de leur voix et de leur image par cette nouvelle technologie ».
McConaughey prend donc les devants avant toute exploitation malveillante, adoptant une stratégie juridique proactive. Le droit des marques constitue-t-il un nouveau rempart pour la lutte contre les deepfakes ? Si sa vocation est à l’origine de protéger un signe distinctif pour garantir l’origine des produits ou des services, l’émergence de l’IA révèle toutefois certaines insuffisances pour protéger les droits de la personnalité. Le cadre juridique en question n’a effectivement pas été conçu pour appréhender les usages algorithmiques de l’identité humaine par l’IA générative, d’où la nécessité de proposer une démarche novatrice.
Aux États-Unis, les différentes lois des états sur le droit à l’image protègent déjà contre les usurpations à des fins commerciales. Ces législations constituent un arsenal clé pour l’équipe juridique de l’acteur, qui entend poursuivre toute utilisation non autorisée de son identité sans se limiter à un usage explicitement commercial. La stratégie vise par la même occasion à dissuader les créateurs de contenu IA avant même qu’ils n’agissent.
L’initiative du comédien poursuit avant tout des finalités financières, s’assurant d’être rémunéré dans l’hypothèse d’une utilisation par intelligence artificielle de ses extraits pour générer des images sans son consentement. L’acteur ne se montre pas non plus opposé à l’usage de l’IA générative, bien au contraire. Il a notamment conclu un accord avec EvenLabs, une entreprise d’IA spécialisée dans le clonage vocal dans laquelle il investit depuis plusieurs années, gardant ainsi un droit de regard sur les projets reproduisant et utilisant sa voix.
Sara CHARLANNES
Sources :
LE PATRIMOINE ET LA GUERRE: UN CARNET DE DESSIN DE DAVID FAIT ROUGIR VERSAILLES

Au centre de la scène, le bras levé, l’allure héroïque, Bailly maire de Paris en 1789, doyen du tiers état tient tête à l’émissaire du roi et lui répond avec affront : “Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordre”, et c’est alors une salle entière qui se lève, se soulève et prête serment de ne jamais plus se soumettre. Le mouvement de salle est devenu un mouvement de foule et cette simple scène figée à jamais est l’emblème du soulèvement légendaire d’une nation entière.
Vous l’avez peut-être reconnu, il s’agit du très connu tableau de Jacques Louis David, Le serment du jeu de paume, 20 juin 1789. Ce symbole national de la révolution est au cœur d’une polémique bien sombre, loin du jeu de paume ce dernier à traverser le temps et les guerres et un carnet contenant ses esquisses les plus exquises s’est retrouvé ballotter de mains en mains et pas toujours les plus blanches de l’Histoire.
Alors que le Louvre, dans une rétrospective exceptionnelle (15 oct 2025 – 26 janv 2026), fête les 200 ans du peintre David, un carnet, propriété du château de Versailles, resurgit et interroge. Loin d’être un simple cahier, ce petit objet contenait des dessins, des esquisses et des notes de David lui-même sur l’élaboration de son célèbre Jeu de Paume. D’où venait-il ? C’était la question à ne pas poser, et pourtant, Radio France s’y est engouffrée et après investigation, elle ne met pas longtemps à retracer l’histoire sombre de ce carnet.
Le 26 novembre 1945, Odile Lereboullet écrit à la Commission de récupération artistique (CRA), organisme chargé de récupérer les œuvres spoliés pendant l’Occupation. Elle leur signale que la bibliothèque de son père a été entièrement pillée par les Nazis en 1940 et joint une liste détaillée, parmi laquelle figure le carnet de David. Elle ne recevra jamais de réponse. Et pourtant, il n’était pas compliqué de retracer le voyage de ce carnet. Après une spoliation par les nazis, une vente aux enchères à Munich et une revente au château de Versaille, le carnet foule de nouveaux le sol français en 1951. C’est alors que, non sans une pointe d’ironie, la demeure des rois français déchus de 1789 se mure dans un silence de 75 ans au détriment des droits des descendants du propriétaire du carnet. “Je suis tombé des nues” déclare Joseph B., l’un des descendants du propriétaire de l’œuvre. L’été dernier, il découvre par hasard la présence du carnet spolié dans les collections du château de Versailles. Radio France s’investit de l’enquête et la suite vous la connaissez.
Alors que s’est-il passé, est ce une anecdote isolée, une coquille dans le programme français de restitutions des œuvres spoliées par les nazis ou une réalité bien plus injuste d’un manque de moyens et/ou d’honnêteté de l’ensemble du tissu culturel français ?
Ce qui se révèle dans cette histoire, c’est un manquement du Château de Versailles, malgré ses déclarations justifiant cette erreur comme un manque de temps, il semble pour bon nombre que cet argumentaire est faible. La provenance de ce carnet aurait dû être étudiée, la mention “vente anonyme en 1943 à Munich”, présente également sur le site internet du château, aurait dû éveiller les soupçons de n’importe quel conservateur. D’autant plus que ce tableau est une célébrité notoire. Alors sommes-nous en présence d’une simple erreur humaine ou d’un acte délibéré ?
Si Versailles accuse un manque de ressource, une sénatrice déclare être surprise qu’une telle affaire se soit passée derrière les jolies grilles dorées d’un musée qui apparemment “ne manque pas de moyens”. Le doute règne sur la bonne foi du musée qui s’est pourvu de milliers d’œuvres pendant l’occupation, dans un contexte à haut risque de spoliation, il n’a depuis des décennies rendu qu’un seul objet à des ayants droit : une table d’époque Louis XVI en 1999.
Ce carnet soulève le tapis poussiéreux de la question de la spoliation des œuvres d’art sous l’occupation nazi et de l’engagement de la France et des musées français dans la restitution de ces œuvres. Cette affaire invite à rappeler que la restitution des œuvres spoliées n’est pas un geste symbolique, mais une exigence juridique et morale envers les ayant droit.
Clémence ROUSTIT
Sources :
DISNEY ET OPENAI : UN PARTENARIAT FÉERIQUE… OU DIABOLIQUE ?

Disney et OpenAI ont signé un partenariat historique permettant d’intégrer plus de 200 personnages emblématiques comme Mickey SpiderMan ou Yoda dans Sora et ChatGPT Images. Les utilisateurs peuvent désormais générer des vidéos et images courtes via des prompts avec diffusion partielle sur Disney+ dès début 2026. Cet accord de licence sur trois ans inclut un investissement d’un milliard de dollars de Disney en OpenAI et une exclusivité d’un an marquant un tournant dans l’exploitation des biens intellectuels par l’intelligence artificielle générative.
L’accord annoncé le 11 décembre 2025 autorise explicitement Sora à créer du contenu généré par les fans en utilisant des personnages Disney Marvel Pixar et Star Wars tout en excluant les voix et apparences d’acteurs pour éviter les risques liés au droit à l’image. Disney investit ainsi de manière stratégique dans OpenAI pour monétiser ses actifs avec des garde-fous comme la modération et des restrictions d’âge. Parallèlement Disney a adressé une mise en demeure à Google pour violation massive de droits d’auteur dans l’entraînement de ses IA illustrant une double stratégie de collaboration licite contre sanction d’usages non autorisés.
Cet accord légitime la production d’œuvres dérivées via intelligence artificielle évitant les litiges sur l’entraînement des modèles contrairement à Google. Il interroge la titularité des outputs générés qui détient les droits sur une vidéo Sora avec Mickey l’utilisateur OpenAI ou Disney via la licence.
En Europe, la directive 2019 sur les marchés numériques et l’acte sur l’IA pourraient exiger une transparence sur les données d’entraînement même sous licence avec risques de recours si les outputs concurrencent les originaux.
Les personnages Disney constituent des marques notoires protégées contre la dilution ou la confusion selon l’article L.7135 du code de la propriété intellectuelle en France. L’accord préserve l’intégrité des marques par des contrôles qualitatifs mais un usage massif par les fans pourrait diluer l’image via des parodies non approuvées. L’exclusivité renforce la valeur des marques en positionnant OpenAI comme partenaire privilégié potentiellement actionable contre les concurrents comme Midjourney ou Google.
Sous le règlement sur les marchés numériques et les services numériques en Union européenne OpenAI en tant que gardien doit gérer les contenus illicites comme les deepfakes ou discours haineux avec responsabilité accrue pour les outputs Disney. Cet accord pionnier instaure un modèle contractuel de gouvernance pour l’IA influençant les régulations futures sur les licences biens intellectuels intelligence artificielle. Les risques incluent la prolifération de contenus viraux non modérés impactant les plateformes comme Disney+ ou des plaintes pour concurrence déloyale favorisant des monopoles créatifs.
Ce partenariat annonce un virage vers des licences responsables pour l’intelligence artificielle mais appelle à une vigilance accrue contre les abus comme le surentraînement ou la contrefaçon. Sources principales annonces OpenAI Disney analyses juridiques presse française. Recherches web menées en janvier 2026 sur les partenariats Disney OpenAI et droit des biens intellectuels IA.
Guilaine LIKILLIMBA
Sources:
L’IA QUI DÉNUDE DES GENS EST DÉSORMAIS PAYANTE

« Mets-la en bikini », « enlève ses vêtements » : ces requêtes, formulées par des utilisateurs de Grok, l’intelligence artificielle développée par xAI et intégrée à la plateforme X (ex-Twitter), illustrent une enième dérive permise par l’IA. En quelques clics, des millions de femmes et des mineurs se sont vu dénudés sans leur consentement. De même pour les victimes de Crans Montana. Cette pratique, qualifiée de harcèlement sexuel de masse par de nombreux journaux, soulève des questions fondamentales portant sur les notions d’intégrité et de dignité en ligne. Le 11 janvier 2026, xAI annonce rendre payant ces services : quand est-il de la responsabilité des plateformes et technologies LLM ?
Depuis la fin de l’année 2025, Grok est utilisé pour générer de fausses images et vidéos à caractère sexuel. Il suffit à un utilisateur de se rendre sur le profil d’un autre (Instagram, X, Tik Tok…) pour extraire un post publique et le transformer en nude. En une requête et un clic, l’utilisateur viole le consentement de milliers de femmes et enfants.
Selon une étude de l’ONG AI Forensics, entre le 25 décembre 2025 et le 1er janvier 2026, près de la moitié des images générées par Grok relèvent de cette tendance. Rappellons que X compte 132 millions de visiteurs quotidiens sur mobile. Les chercheurs ont également mis en évidence la capacité de l’IA à produire des images sexualisées de mineurs, parfois âgés de moins de cinq ans. Cet acte s’apparente à de la pédopornographie : un crime condamné dans de nombreux états.
Face à ces révélations, xAI a invoqué une « faille de sécurité ». L’entreprise a annoncé la suppression des contenus impliquant des mineurs. Néanmoins, nous ne nous attendions pas à ce que l’entreprise restreigne l’accès à ces fonctionnalités en les réservant à ses abonnés. Pour des services “plus poussés”, il faut désormais payer. Cette décision choque, surtout en ce qu’elle n’est pas sans rappeler d’autres plateformes reprenant ce mécanisme, comme OnlyFans. Alors que trois sites pornographiques majeurs ont bloqué leur accès sur le territoire français, à la suite du rétablissement de la vérification de l’âge, une question se pose : l’IA Grok est-elle devenue une alternative pour capitaliser sur le marché très lucratif du sexe, par les entreprises et pour ses uilisateurs ?
Alors que l’abonnement à SuperGrok 4.1 s’élevait initialement à 30 dollars par mois, une version encore plus avancée, SuperGrok Heavy, est désormais proposée à 300 dollars. Cette montée en gamme semble accompagnée d’un accroissement des capacités de génération d’images, selon le site de l’IA.
Officiellement, la monétisation serait un garde-fou destiné à limiter les usages malveillants. Une justification largement contestée. Comme le rappelle Le Monde : « Dans la Silicon Valley, un vieil adage veut que l’on transforme les obstacles en occasions opportunes. Peut-être est-ce la raison pour laquelle xAI […] a décidé de rendre payante une de ses fonctions les plus décriées. »
En France, la ministre déléguée au numérique, Anne Le Henanff, a qualifié cette décision d’« insuffisante et hypocrite ». De son côté, Sarah El Haïry, ministre déléguée chargée de la protection de l’enfance, a saisi la Commission européenne afin de surveiller les prochaines violation du Digital Services Act (DSA) et Digital Market Act (DMA), et de voir des sanctions appropriées tomber. Selon elle, et d’envisager des sanctions appropriées. Elle insiste :” »Ça tombe sous le coup de la loi! On a l’impression que c’est tellement puissant qu’on ne peut pas l’interdire, c’est faux. Une IA qui déshabille des enfants n’a rien d’un jeu: c’est hors la loi ». Quels sont les moyens de défense dont disposent ces groupes de femmes, d’enfants et de défunts, tous devenus victimes de ces dérives ?
Au-delà de la seule plateforme X, ces contenus se diffusent massivement sur Instagram, TikTok et d’autres réseaux réputés plus modérés. Des célébrités, comme l’actrice Sydney Sweeney, ont vu circuler des images falsifiées les représentant en maillot de bain, dans des poses sexualisées. Ces plateformes accueillant un public très jeune, l’exposition fortuite à de tels contenus accentue les risques psychologiques tenants à la banalisation de contenus violents.
En outre, ce mécanisme n’est pas sans rappeler la souveraineté numérique française face au monopole des IA américaines. Nous pourrions également évoquer problématiques liées à l’entraînement des intelligences artificielles sur des bases de données mêlant contenus libres et protégés. Dans le cas de Grok, le lien entre l’image générée et la photographie d’origine est identifiable, facilitant le ciblage et aggravant les situations de harcèlement.
Ces pratiques interrogent la qualification des faits : relèvent-ils d’atteintes à la vie privée, de harcèlement sexuel, de pédoporgographie, ou les trois ensemble ? Pour l’heure, la réponse que nous devons trouver se situe dans l’identification des responsables de ces dérives.
À l’international, les réactions divergent. L’Indonésie a opté pour une suspension temporaire de Grok sur son territoire. Pour de nombreux observateurs, cette décision aurait dû être envisagée dès les premières alertes.
Lana PHUONG
Sources :
Site officiel de l’IA Grok :
Compte Instagram d’HugoDécrypte-Pop
@hugodecrypte.pop
“L’IA Grok propose désormais de payer pour dénuder des utilisateurs sur X avec ou sans consentement” – article du journal Le Monde
“Images dénudées de Grok : dénonçant «une IA qui déshabille des enfants», Sarah El Haïry saisit la commissaire européenne” – article du journal Libération
« Ça n’a rien d’un jeu: c’est hors la loi »: en France, la Haut commissaire à l’Enfance saisit la Commission européenne dans le cadre du scandale des nus générés par Grok” – article de BFMTV Tech.